Visite d'un troupeau de Mérinos noirs, à Santa Amalia (Estrémadure), lors du voyage de sélection 2016 en Espagne

chapitre 23

Nous ne vous avions pas donné de nouvelles depuis longtemps, c’est pourquoi l’histoire des Mérinos noirs – en cette fin d’année 2017 – sera longue !

Comme vous le savez, cela faisait plus d’un an qu’un nouveau voyage au Portugal était souhaité pour renouveler les gènes des troupeaux de Mérinos noirs limousins et français. L’épisode de la fièvre catarrhale nous avait contraint fin 2015 à reporter le projet mais, fin septembre 2016, nous avons enfin pu organiser notre voyage de sélection.

Ainsi, le 14 octobre, 6 nouveaux Mérinos noirs faisaient leurs premiers pas en France…

Des Mérinos noirs… espagnols

Tout s’est déroulé rapidement. Il était en effet devenu urgent de faire rentrer de nouvelles souches mâles sur le territoire français et particulièrement dans l’élevage corrézien qui n’avait plus de bélier pour la lutte (reproduction).

L’Espagne étant le berceau du Mérinos, le Mérinos noir espagnol est à l’origine du Mérinos noir portugais. Nous nous sommes donc rapprochés des deux associations d’éleveurs de Mérinos portugaise et espagnole, et nous sommes mis à la recherche d’élevages de moutons noirs dans les deux pays souches de la race. En privilégiant la voie de l’Espagne, nous voyions un double intérêt : le renouvellement des souches et la proximité géographique.

Nous avons obtenu le soutien de l’association espagnole « Asociación Nacional de Criadores de Ganado Merino» qui nous a accompagnés dans le projet et dans la relation avec les éleveurs. Dans un premier temps, nous nous sommes tournés vers des troupeaux de la région de Leòn dans le nord-ouest de l’Espagne. Malheureusement, les moutons de ces fermes n’avaient pas la qualification sanitaire requise au regard du risque de tremblante pour être autorisés à être exportés en France. D’autres élevages nous ont donc été recommandés mais dans le sud-ouest de l’Espagne, soit à moins de 100 km de la frontière portugaise.

Trois nouvelles souches mâles

Le temps d’un court séjour en Espagne, la sélection des animaux a été organisée avec la participation de Jules Kister, tondeur, transformateur de laine, conseiller en valorisation . Depuis Felletin, nous avons ainsi parcouru paysages d’oliviers et chênes liège pour nous rendre sur trois élevages d’Estremadure. Jules a pris soin d’examiner yeux, dents, peau, pieds et testicules des animaux que l’on nous présentait, ne laissant rien au hasard.

Un périple espagnol, pour les humains comme pour les animaux, pour importer de nouvelles souches mâles Mérinos noirs dans les élevages français.

La priorité était donnée à la diversité des souches mâles et cet engagement a pu être respecté. Trois béliers de 10, 11 et 18 mois (un dans chaque élevage) ainsi que trois agnelles de 7 et 8 mois ont retenu notre attention et répondaient aux besoins des éleveurs français. C’est ainsi que le 13 octobre, les 6 moutons embarquaient tour à tour à bord d’un semi-remorque grand confort, tout équipé pour les longs trajets, et débarquaient le 14 octobre en Corrèze chez Pierre Couloumy. Un bélier a ensuite rejoint l’élevage d’Olivier Ser en Haute-Vienne tandis que le troisième a terminé son périple dans les Alpes de Haute-Provence chez Hervé Tripard.

Trois différents élevages ont été visités avec Jules Kister pour la sélection des moutons espagnols.

Un abord facile

A leur arrivée, les moutons ne semblaient pas franchement perturbés par les heures de route qu’ils venaient de parcourir ni par les visages inconnus qui les attendaient de pieds fermes. De manière surprenante, nous avons accueilli des animaux affectueux qui n’ont pas mis longtemps à réclamer des caresses et du bon foin.

Les agnelles et le bélier de Pierre sont restés bien au chaud jusqu’au 18 octobre puis ils ont fait leurs premiers pas en extérieur. Après le foin et l’herbe jaune et sèche d’Estrémadure, ils ont pu découvrir une nouvelle saveur et goûter à l’herbe fraîche, verte et généreuse d’automne. Depuis la châtaigne a dû agrémenter le menu gastronomique.

De son côté, Olivier a préféré garder son bélier en intérieur pour qu’il fasse connaissance avec deux femelles venues de l’élevage de Pierre. Il se contente pour le moment de foin et de granulés mais ne devrait pas tarder à prendre l’air et à rejoindre le reste du troupeau.

Amorce des échanges de béliers entre éleveurs français

Pour assurer le développement des troupeaux de Mérinos noirs français, il s’avère désormais nécessaire de mettre en place des échanges de béliers entre les éleveurs.

Un registre généalogique et une méthode de suivi des élevages (de type « flock book ») va être mise en place en collaboration avec les éleveurs pour faciliter ces échanges et éviter les risques de consanguinité. Pierre Couloumy est d’ores et déjà en relation avec Carlos Miranda qui élève des Mérinos noirs du Portugal dans la Drôme et qui a accepté de lui prêter un bélier.

Finesse de la laine

Tout comme l’animal, il semblerait que la laine s’adapte aux conditions climatiques auxquelles elle est exposée. Aussi, le travail de recherche et de développement sur la filière courte de laine fine naturellement colorée nous a amené à prélever des échantillons caractéristiques de laine lors de la dernière tonte des moutons de Pierre Couloumy. Ces prélèvements vont bientôt être envoyés à un laboratoire pour une analyse précise du micronage de la laine.

Expédition des laines de Noël

Pour Noël, nous allons bientôt vous faire parvenir vos pelotes de laine FADO. Nous préparerons les envois des laines aux environs du 15 décembre, n’oubliez pas de nous informer d’éventuels changements d’adresse avant le 19 décembre si vous voulez recevoir sans faute vos laines.

Information à partager : pour contribuer au développement des élevages de Mérinos noirs limousins ou français et assurer un approvisionnement en laine suffisant à la filature de Rougnat (Fonty), nous sommes à la recherche d’éleveurs qui comme Pierre ou Olivier sont intéressés par l’acquisition de Mérinos noirs.

Passez d’agréables fêtes de fin d’année et à très bientôt en Limousin !